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Ascension du Mont Blanc - Daniel
La décision - la préparation hhh La réalisation

La psychanalyse corporelle me livre peu à peu mon histoire. Je découvre aujourd'hui comment le petit garçon que j'étais, avec ce qu'il a vécu, s'est construit un schéma de fonctionnement, répétitif. Comme un rail qu'il doit suivre obligatoirement. Aujourd'hui je vois que je peux sortir de ce sillon. Mes découvertes  m'indiquent que je peux et que j'ai envie d'aller au sommet. J'en ai la possibilité mais aussi la volonté et l'envie. C'est important. C'est me mettre EN VIE.

Alors la question suivante a été : comment incarner cela ?
Dans ma vie quotidienne j’agis dans ce sens, mais j’avais envie aussi d’un acte fort et symbolique. Il m’est alors venu l’envie de gravir le plus haut sommet de mon pays : le Mont Blanc.

Pour mener ce projet, une étape importante est  de m'entrainer tous les matins à faire une marche d'une demi-heure. Avant même d'être allé au sommet, cet engagement de gravir quotidiennement la  colline derrière chez moi m'apporte déjà beaucoup physiquement et intérieurement. Dés le matin, ce " sommet " derrière chez moi est un bon démarrage, il m'oriente déjà vers une journée pleine de vie.

D'autres étapes suivent :
du vélo, une randonnée dans le Pilat …
Puis découverte de la haute montagne avec Jean- Yves, le guide que j'ai choisi pour m'accompagner, marche sur glacier et escalade : le Râteau dans le massif de la Meije 3700m, le Dôme des écrins 4010m.

L'ascension du Mont Blanc, prévue début septembre 2012, est annulée pour des raisons météo et repoussée fin septembre. Mais là encore, le temps étant incertain, nous décidons de la reporter en juin 2013, meilleure période pour la qualité des glaciers.
Ces aléas me font vivre une grosse déception et c'est pour moi une période difficile mais j'y crois et ne baisse pas les bras.
Puis se greffent des problèmes de santé qui me diminuent et remettent en cause le projet.
A ce moment là des questions montent en moi : qu'est ce que la vie veut me dire ? Est ce que je suis à 100% dans ma  préparation ? Je comprends alors à quel point il est nécessaire que je prenne soin de moi. J'ai à réaliser cette ascension sans me faire mal,  j'ai à prendre en compte chaque détail le plus infime soit-il, et c'est «aller jusqu'au bout »...

  L'ascension a  lieu les 22. 23 juin.  Le 23, à 8h30 je suis sur le toit de l'Europe, le Mont Blanc à 4810m. Trente mètres avant le sommet Jean-Yves me fait passer en tête de cordée, chaque pas que je fais est gigantesque, grandissant. 
Je savoure  vraiment tous mes pas et…
Je suis au sommet !
Je réalise : «  Je suis au sommet ». J'ai à ce moment là une émotion et un immense  bonheur intérieur : le petit Daniel a réussi quelque chose de grand.  

Jusqu'au sommet, j'ai douté, car bien sûr les angoisses  m'assaillent : le mal des montagnes,  de  manquer de force, de manquer d'air …
Ce qui m'a beaucoup aidé c'est d'avoir un rythme très lent (conseillé par Jean-Yves), de marcher un pas après l'autre en ayant comme objectif  le sommet, sans pour autant griller les étapes, en étant dans une présence totale pour écouter  mon corps, prendre soin de lui. Dans cette présence j'ai trouvé du plaisir à gravir les pentes du Mont Blanc, et là je savais que je pouvais réussir. Avoir du plaisir sans tomber dans l'ivresse où, là, je peux me faire rattraper et me laisser absorber en voulant" à tout prix" arriver au sommet.

Ce projet, intérieurement, me remplit beaucoup, me donne une force, une fierté qui me met à un autre niveau de moi-même : être capable d'arriver au bout des choses dans ma vie, savoir que tout peut être accessible.
Cela m'a permis de faire de belles rencontres dont et surtout celle de Jean-Yves, un homme à l'écoute qui est vraiment au service de l'autre. Au sommet nous nous sommes pris dans les bras et c'était plein d'amour.

Début Juillet, j'ai emmené mes parents à Chamonix  pour un week-end. Nous sommes montés en téléphérique à l'aiguille du midi à 3800m pour leur faire découvrir le MONT BLANC de près.
Leur faire partager ce que j'avais réalisé me rendait fier et heureux, surtout vis-à-vis de mon père car à cet instant je pense au petit garçon qui avait tant besoin de se montrer aux yeux de son papa pour être aimé de lui. 

L'après Mont Blanc, j'ai décidé de :
- Continuer la marche matinale et de faire un sommet par an en haute montagne avec Jean-Yves.
- Prendre soin de moi à ce point là m'a ouvert un autre horizon : un nouveau projet pointe son nez… Mais ça, c'est une autre histoire !

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